La Fabrique Culturelle

Huit chansonneurs sur la route : découvrez les visages de la relève musicale

Destination Chanson  Fleuve, c’est une virée musicale à travers le Québec avec huit jeunes artistes de la relève. Partant de Montréal pour se rendre à Petite-Vallée, en passant par Québec et Tadoussac, apprenez à connaître celles et ceux qui joueront dans vos oreilles dans un avenir très rapproché. 

Huit chansonneurs

C’est dans une ambiance effervescente – huit musiciens et musiciennes inspiré.e.s et fébriles, ça vibre! – qu’on a rencontré les huit chansonneurs qui se promèneront tout l’été à travers le Québec avec le projet Destination Chanson Fleuve. Trois questions musicales pour apprendre à les connaître.

Adélys


À quel moment avez-vous su que la musique était votre domaine?

C’est arrivé à Paris, je sortais du métro et j’avais une sorte de gimmick dans la tête, et là, boum! Je suis retourné chez moi en trombe. Ça s’est mis en place et, à partir de là, j’ai eu une sorte d’obsession pour l’écriture nourrie par mon passé, un besoin de créer et de mettre en forme. J’ai couché tout ça sur papier et j’ai commencé à faire des concerts à Paris avec un premier band de musiciens.

Quel.le artiste québécois.e vous inspire le plus?

Klô Pelgag! À fond! On a joué dans un même festival, j’ai écouté tous les artistes et je me suis arrêtée sur elle en me disant : c’est quoi ce truc trop bien? Ça m’a vachement inspirée. Je l’ai rencontrée dans un autre festival l’an dernier; on a discuté, c’était chouette. J’ai déjà vu deux fois son spectacle, puis là bientôt une troisième fois au Québec…

Si vous deviez être un instrument, lequel choisiriez-vous?

Ça serait une corde vocale, deux cordes vocales même! Qui s’accolent et qui font des sons et sur lesquelles tu peux faire jouer toute la palette de tes émotions. Pour moi, c’est l’instrument le plus beau et le plus génial sur terre. En plus, ce n’est pas lourd à transporter … mais un peu chiant à entretenir!

Alicia Deschênes

À quel moment avez-vous su que la musique était votre domaine?

La musique a toujours été présente dans ma vie, entre autres, parce que mes parents sont de grands mélomanes. C’est plutôt à l’adolescence que ça a pris plus de place, et ça s‘est passé en deux temps. D’abord quand j’ai vu le concert de Paul McCartney à Québec en 2008. Je me suis dit : je veux apprendre la guitare! Plus tard, mes parents m’ont amenée voir Green Day, mon groupe favori depuis toujours. Quand j’ai vu Billie Joe Armstrong entrer sur scène, j’ai pensé : c’est ça que je veux faire. Le vrai déclic s’est fait là. Le lendemain, j’étais déjà en train de travailler sur une chanson, alors que je n’avais jamais fait ça! Et j’en ai écrit d’autres. Je me suis rendu compte qu’écrire m’aidait beaucoup à canaliser mes émotions. Je suis assez timide, alors c’était parfait pour moi. J’y ai un peu trouvé une raison d’être et de vivre.

Quel.le artiste québécois.e vous inspire le plus?

Louis-Jean Cormier. C’est le premier artiste québécois dans lequel je me suis vraiment reconnue. Quand je l’ai vu en spectacle, j’ai comme eu une révélation : wow! Ça peut sonner aussi bien en français qu’en anglais! Je l’ai rencontré et il m’a dit de me faire confiance et de foncer. Après cette soirée-là, j’ai écrit ma deuxième chanson en français et je l’ai présentée à Cégeps en spectacle. Louis-Jean m’a donné la confiance d’écrire dans cette langue. Depuis cette soirée-là, je n’ai pas réécrit un mot en anglais.

Si vous deviez être un instrument, lequel choisiriez-vous?

Probablement la batterie. C’est un instrument qui m’appelle, c’est celui qui donne le rythme. Je trouve ça vraiment impressionnant; c’est vraiment physique! Mais, sinon, c’est sûr que la guitare demeure mon instrument premier.

Émilie Landry

À quel moment avez-vous su que la musique était votre domaine?

À la maternelle, on chantait des comptines et ça m’a vraiment allumée : je tripais! J’écoutais les chansons des films de Disney et je sentais comme un feu à l’intérieur de moi pour le chant, j’avais vraiment le désir de faire ça. Je suis allée voir mon père et je lui ai dit : Je n’aime pas ça chanter. Non, j’adoooore ça!. J’avais quelque chose comme 4 ou 5 ans, les larmes aux yeux puis tout le kit. C’était comme un coming out vraiment intense.

Quel.le artiste québécois.e vous inspire le plus?

À l’âge de 15 ans, j’ai participé à un concours organisé par la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick. Ça faisait déjà deux ou trois ans que j’écrivais en anglais, alors ça a été mon premier vrai contact avec la chanson en français. J’ai eu la chance d’y rencontrer le musicien Denis Michel Haché, qui a chanté une chanson intitulée Mémoire sélective. C’était vraiment prenant et sa musique m’a vraiment inspirée.

Si vous deviez être un instrument, lequel choisiriez-vous?

J’aimerais beaucoup être une guitare, parce que j’ai une phobie d’être laissée bonne dernière. Et il me semble qu’une guitare, on ne l’oublie jamais; un guitariste traîne toujours sa guitare avec lui! C’est un instrument de communion, celui qu’on apporte au bord du feu.

Jeanne Côté

À quel moment avez-vous su que la musique était votre domaine?

J’ai grandi à Petite-Vallée. Toute mon enfance j’étais entourée de chansons; ça m’a beaucoup influencé dans mon choix de carrière. Ma mère, chanteuse, me donnait aussi des petits trucs par-ci par-là. Je joue du piano depuis mes 4 ou 5 ans. En jouant, je me suis mise à faire des erreurs dans mes pièces classiques. Ça sonnait bien, alors je me suis mis à composer des musiques à partir de ça, puis la passion littérature/musique s’est confondue pour ne faire qu’un et devenir de la chanson. Les mots sont venus naturellement sur les mélodies. À ce moment, j’avais 15 ou 16 ans et j’avais besoin de quelque chose pour extérioriser mes émotions.

Quel.le artiste québécois.e vous inspire le plus?

Patrick Watson! Il est super inventif avec les mélodies et dans ses instrumentations. Il s’amuse beaucoup avec ce qui lui ressemble; on le reconnait immédiatement quand on l’entend. Ce n’est jamais convenu, ce sont des trucs qui surprennent parfois. Il a une super belle couleur dans ce qu’il fait. Sinon, quand j’étais petite, j’aimais beaucoup Catherine Major. Je cherchais des filles qui chantent et qui font du piano pour m’inspirer et elle est devenue mon modèle, ma première source d’inspiration.

Si vous deviez être un instrument, lequel choisiriez-vous?

Peut-être un carillon. Un carillon extérieur qui bouge et qui sonne au gré du vent, au gré de ce qui passe. C’est un peu comme ça que j’ai écrit mes chansons, au fil des expériences qui passent.

Marion Cousineau

À quel moment avez-vous su que la musique était votre domaine?

En 2015, j’ai été sélectionnée pour être parolière au Festival de la chanson de Petite-Vallée. J’ai passé 10 jours là-bas : on avait une semaine pour écrire huit chansons et ça a été une des expériences les plus intenses de ma vie côté travail, stress et bonheur! C’est là que j’ai réalisé que je voulais faire ce métier.

Quel.le artiste québécois vous inspire le plus?

Quand je suis arrivée au Québec, j’ai connu les classiques de la chanson québécoise comme Félix Leclerc et Gilles Vigneault. Ça a été une véritable découverte de voir la place que la chanson occupe au Québec, comme s’il y avait un besoin vital de la préserver. Ça m’a beaucoup touchée. Sinon, j’ai récemment vu un spectacle de Bori, un gars qui mélange chanson et poésie. C’est quelque chose vers quoi j’aurais envie d’aller; la musique est importante, mais les mots aussi. C’est un artiste que je trouve absolument fabuleux : il prend la parole pour dire les choses avec amour et bienveillance.

Si vous deviez être un instrument, lequel choisiriez-vous?

La première chose qui me vient en tête, c’est une contrebasse. J’en ai joué un petit peu dans ma vie; c’est un instrument extrêmement exigeant. C’est une grande expérience de faire vibrer le corps de la contrebasse, comme une énorme femme de bois. Ça transmet les vibrations partout autour et j’aime cette idée-là, quand toi tu es sur scène : il faut que tu vibres pour que les autres vibrent!

Maxime Auguste


À quel moment avez-vous su que la musique était votre domaine?

Quand j’étais au secondaire, j’ai présenté une chanson pendant un exposé oral. Je pense que j’ai eu 100%! C’est à ce moment-là que j’ai compris que la musique allait être une avenue. J’ai toujours voulu être sur scène. Chez moi, j’étais le seul artiste et j’avais envie de m’exprimer. J’ai toujours trouvé les moyens de le faire de manière autonome avec la musique.

Quel.le artiste québécois.e vous inspire le plus?

Je suis un amoureux des mots depuis très longtemps. Marc Favreau a créé un personnage très connu qui s’appelle Sol; ce personnage m’a vraiment marqué. La première fois que j’ai lu ses textes, c’était dans un recueil scolaire, en troisième ou quatrième année du primaire. Ça m’a laissé une forte impression. Sa façon de jouer avec la langue, le côté ludique, intellectuel et rigolo de tout ça, j’adore! Ça m’a beaucoup influencé; j’ai commencé à jouer avec la langue avant de bien l’écrire.

Si vous deviez être un instrument, lequel choisiriez-vous?

Quitte à être un instrument de musique, j’aimerais être une contrebasse; celle d’Esperanza Spalding! J’aime le son de cet instrument et, en plus, je pourrais voyager!

Nicolas Gémus


À quel moment avez-vous su que la musique était votre domaine?

J’ai commencé la guitare à l’âge de 13 ans. Je n’écoutais pas beaucoup de musique à ce moment-là; je n’avais aucun intérêt pour ça. Puis, lors de mon premier cours de guitare, ça m’a frappé comme la foudre! J’ai commencé à chanter à peu près en même temps. L’écriture de chanson a débuté vers l’âge de 15 ans. L’année suivante, je me produisais sur scène pour la première fois, devant 300 personnes, pendant un spectacle scolaire.

Quel.le artiste québécois.e vous inspire le plus?

Je dirais Daniel Bélanger. J’ai commencé à l’écouter vers 15 ou 16 ans. Il y a quelque chose qui me touche dans sa sensibilité, dans la construction de ses chansons. J’aime sa façon de dire les choses, de transmettre les émotions. Ses textes soignés m’ont vraiment rejoint tout de suite : ce sont des chansons qui durent et qu’on ne se fatigue jamais d’entendre.

Si vous deviez être un instrument, lequel choisiriez-vous?

Même si je joue de la guitare, je dirais la batterie. Il y a quelque chose de super instinctif et de viscéral qui ressort et qui me fait du bien quand je tape sur les percussions. Ça me défoule.

Pierre-Hervé Goulet


À quel moment avez-vous su que la musique était votre domaine?

J’ai écrit ma première toune à 10 ans, et c’est devenu mon moyen de communication préféré; une façon de m’adresser aux gens, d’inventer, d’être créatif. Aujourd’hui, j’en ai plusieurs dans le sac à dos : plus de 300, il me semble. J’ai aussi gagné le Prix Gilles Vigneault à Ma première Place des Arts où j’ai pu vivre une formation d’une semaine en écriture de chanson chez Gilles Vigneault. C’est vraiment là que j’ai eu le déclic : la chanson et la poésie, c’est partout. L’amour pour les mots est vraiment venu s’ancrer en moi quand j’ai rencontré Monsieur Vigneault.

Quel.le artiste québécois.e vous inspire le plus?

Très jeune, j’écoutais Plume Latraverse; ça me faisait rire parce que c’est vulgaire. Avec le temps, j’ai appris à mieux comprendre les paroles : il a de bons textes! Les Cowboys Fringants a été un band marquant pour moi, parce qu’au départ, j’écrivais de manière engagée et je forgeais mon identité. Évidemment, Gilles Vigneault a réussi à me faire avancer en tant que personne; ça m’a permis d’avoir un exemple à suivre. Il donne beaucoup : cette générosité-là m’a contaminé à vie.

Si vous deviez être un instrument, lequel choisiriez-vous?

Je pense que je serais une guitare acoustique. C’est une extension de moi; je vis carrément avec une guitare dans les mains. Tout autour de moi peut devenir une chanson. À chaque moment que je passe en communion avec moi-même, je pense à la musique et j’essaie de ramener toutes les expériences que j’ai, avec les gens et avec la vie en général, pour créer des chansons.

Québec

16 juin 2018

Première étape après Montréal pour nos chansonneurs: Québec. Ces derniers se sont produits au SPOT – Scène éphémère dans la capitale nationale.

21 juin 2018

Quelques jours plus tard, les chansonneurs sont partis Cour intérieure du Conservatoire / Grand Théâtre, toujours à Québec.

26 juin 2018

On retrouve nos chansonneurs qui sont en escale à Québec avec leur mentor Tire le Coyote pour une séance d’écriture. Les huit artistes collaborent et s’accompagnent durant l’aventure afin de composer avec les bons mots!

Tadoussac

29 juin 2018

On s’est rendu dans une forêt au cœur de Tadoussac afin d’apprécier la voix de Maxime Auguste et de Marion Cousineau. Ils nous ont interprété  “Lancer des couteaux”, tandis que les maringouins se régalaient.

Les chansonneurs chantent en chœur au Festival en Chanson de Tadoussac!

Petite-Vallée

2 juillet 2018

Nous avons capté un moment unique avec Jeanne Côté, qui chantait une de ses compositions, «Aller-retour» durant le lever du soleil.

2 juillet, 4h du matin: On captait la prestation de @jeannecotemusique de Destination Chanson Fleuve, qui chantait une de ses composition “Allez-Retour”.

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4 et 6 juillet 2018

L’aventure des chansonneurs touche à sa fin. Les derniers concerts de Destination Chanson Fleuve se sont déroulés au Festival en chanson de Petite-Vallée.

Adélys - Crédit photo : André Bujold
Alicia Deschênes - Crédit photo : André Bujold
Émilie Landry - Crédit photo : André Bujold
Jeanne Côté - Crédit photo : André Bujold
Marion Cousineau - Crédit photo : André Bujold
Maxime Auguste - Crédit photo : André Bujold
Nicolas Gémus - Crédit photo : André Bujold
Pierre-Hervé Goulet - Crédit photo : André Bujold

Adélys - Crédit photo : André Bujold
Alicia Deschênes - Crédit photo : André Bujold
Émilie Landry - Crédit photo : André Bujold
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Pierre-Hervé Goulet - Crédit photo : André Bujold