La Fabrique Culturelle

Rencontre entre la poésie et le hockey

«Mont de rien», de Maxime Catellier

Maxime Catellier est un (presque) jeune auteur de 35 ans originaire du Bas-Saint-Laurent dont le treizième ouvrage, Mont de rien, vient de paraître aux éditions L’Oie de Cravan.  

Son livre est né de son souvenir d’une toute petite montagne; une butte, en fait, qui lui était apparue comme une énorme montagne alors qu’il était enfant. Une preuve que nos perceptions évoluent et se transforment sans cesse, rappelant l’impermanence de toute chose.

Mont de rien témoigne d’emblée de cette idée de l’absolu, de ce moment où l’on prend inévitablement conscience de notre petitesse devant l’immensité du cosmos. C’est un roman en trois périodes et deux intermèdes, métaphoriquement échafaudé à la manière d’un match de hockey. La proposition a un ton ludique, cocasse et sérieux à la fois.

De la première période de l’innocence (l’enfance) à la prolongation (l’âge adulte) où tout se résout malgré les écueils qui nous construisent et nous inscrivent dans le temps, c’est l’expression de l’être, bien avant l’ambition, qui s’impose ici.

La violence des désillusions et l’idée de la mort sont évoquées dans ce livre où la perte de l’innocence, ce paradis perdu, cherche à formuler une forme de réponse à ce geste nécessaire qui consiste à écrire. En somme, comment confronter l’extérieur? «C’est peut-être mon livre qui cherche le plus à répondre à ce qui me motive à écrire. Pourquoi j’ai besoin d’écrire?» — Maxime Catellier.

C’est l’histoire, en vers, d’un p’tit gars de Saint-Anaclet-de-Lessard (à huit kilomètres de Rimouski), dressant l’inventaire de ses émerveillements (crème glacée, musique, cartes de hockey) et de ses peurs (que sa mère ne revienne jamais de la banque ou qu’une « dame blanche » — un fantôme — hante sa maison). C’est la mélancolie du gamin qui sait trop bien que le sursis de réalité dans lequel il flotte se terminera bientôt.

Source: https://www.ledevoir.com/lire/540406/critique-souvenirs-d-un-gamin-melancolique

Maxime Catellier prend possession de son territoire (ou de la rondelle) par la parole en nommant les choses telles qu'elles lui apparaissent, nouvelles et éclatantes, dans une série magique de premières fois, et tire au but à tous les coups.

L'hommage au hockey, seul filon mythique du Québec, donne la structure de ce livre où l'on entre par la porte d'une maison de rang près de Rimouski, et une poésie presque naïve et épurée, pour terminer dans une prose aussi tassée qu'une mêlée au fond du filet, dans un Montréal à feu et à sang lors des émeutes de la Coupe Stanley en 1993.

En exergue des trois périodes, Boy George, Michael Jackson et Kurt Cobain, repères temporels d'une jeunesse des années 80-90, tandis que les intermèdes sont les chocs de la bataille du Vendredi saint, en 1984, et la fameuse veine tranchée de Clint Malarchuk, en 1989. […]

Mont de rien est dédié à deux amis disparus trop tôt et à son tout jeune fils Léonard: pour «te donner un monde à construire entre le jour et la nuit, un monde où tes peurs vont guérir les miennes, je vais essayer de garder une trace de ma vie. Je vais écrire mon histoire». Puisque seule la mort sonne la fin de la game...

Source: https://www.lapresse.ca/arts/livres/201812/06/01-5207014-maxime-catellier-cartographie-de-lenfance.php

 

Crédits

Coordonnatrice: Marie-Claude Paradis

Réalisateur: Thomy Laporte

Caméraman-monteur: Thomy Laporte et Bruno Leblond

Images de style ancien et animations: Thomy Laporte

Technicienne en production régionale: Sophie Roch