La Fabrique Culturelle

La reine me doit au moins 10 trillions de dollars, pour commencer!

Au Centre Bang de Chicoutimi, François-Mathieu Hotte a réuni des artistes autochtones de différents horizons. Un appel à la rencontre, par l’art, où les artistes Ken Warren Gunn, Nico Williams et le collectif Itwé proposent des œuvres résolument contemporaines qui ne rejetent pas pour autant leurs héritages.

L'exposition est présentée jusqu'au 22 septembre 2018.

 

Biographie du commissaire

François-Mathieu Hotte est né en 1972 à Saint-Jérôme. Cinéaste et artiste multidisciplinaire, il a fait ses études en arts plastiques au Cégep de Matane puis en cinéma à l'Université du Québec à Chicoutimi où il a terminé une maîtrise en arts. Son travail se situe entre les appellations normatives du cinéma et de l'art contemporain. Documentaire expérimental, installation narrative, cinéma-objet, ses œuvres questionnent l'image et l'histoire des images avec un esprit ludique et violent.

Depuis 2007, il travaille comme chargé de projet en audiovisuel à La Boîte Rouge VIF, un organisme culturel autochtone à but non lucratif dont la mission est de valoriser les cultures autochtones en contribuant à leur transmission, leur diffusion et à leur affirmation identitaire. Il enseigne la création vidéo, notamment avec la Nation Guarani au Brésil de 2008 à 2015, et il est aussi à la création de contenu vidéo, et en médiation culturelle sur des expositions importantes au Musée de la civilisation de Québec, au Centre des Sciences de Montréal et pour des communautés autochtones au Québec.

 

Biographies des artistes

ITWÉ

Le collectif artistique autochtone ITWÉ (en cri, ITWÉ se traduit par « exprime-toi ») est composé de Sébastien Aubin (Cri-Métis), de Kevin Lee Burton (Cri-Swampy) et de Caroline Monnet (Anishinaabe-Française). Établis entre Montréal et Winnipeg, le trio transdisciplinaire promeut la création, la production et l’éducation de la culture numérique auprès des Autochtones. La collaboration est une pierre fondamentale de leur pratique, que ce soit entre les disciplines, les communautés, l’industrie ou les établissements d’enseignement. Sébastien Aubin exerce principalement une pratique en design graphique et possède un baccalauréat ès arts de l’Université du Québec en Outaouais. Caroline Monnet est, quant à elle, cinéaste et artiste multidisciplinaire. Elle détient un baccalauréat en sociologie et communication de l’Université d’Ottawa et de l’Université de Grenade (Espagne). Kevin Lee Burton a étudié le cinéma à l’Indigenous Independent Digital Filmmaking Program à Vancouver. Il développe des projets en théâtre, cinéma et nouveaux médias.

Les œuvres d’ITWÉ se veulent hautement symboliques, explorant des thèmes liés à la coexistence et à la communication, ainsi qu'à l’appartenance au territoire au sens large. Le processus créatif est au cœur des explorations des trois individus qui forment le collectif. Chacune de leurs voix composent le dialogue du groupe.

Ken Warren Gunn

Ken Warren Gunn est un Anishinabe (Algonquin) de la communauté de Lac Simon en Abitibi. C’est un poète, un guerrier des songes, un créateur marginal qui erre maintenant à Montréal depuis quelques années. Il a participé au Wapikoni en 2005 et a travaillé sur d’autres projets vidéo. Depuis 2017, il a commencé à exprimer des idées visuelles sur papier.

Nico Williams

Nico Williams est un artiste travaillant à partir des nouveaux médias et des broderies perlées. Il vit à Montréal au Québec. Il est Anishnaabe, Ojibwé, originaire d’Aamjiwnaang « où l’eau coule spirituellement, comme une tresse ». Il détient un baccalauréat en beaux-arts axé sur les médias d’impression de l’Université Concordia. Williams a commencé à explorer le travail de perlage en 2015, en utilisant des perles de rocaille japonaises en verre, des matières naturelles et d’autres petites perles. Il utilise ces perles pour explorer une multitude de techniques artisanales sophistiquées ojibwées. Il travaille activement au renouveau et à l’évolution de l’artisanat ojibwé traditionnel. Son perlage, comme son art, répond à son environnement. Il s’agit d’un reflet de l’amour et du respect pour la beauté et la richesse visuelle de la nature qui nous entoure. L’artiste, qui utilise des techniques traditionnelles, est influencé par la contemporanéité. Williams explore les éléments qui décorent l’espace, la couleur et le mouvement. Il a présenté son travail au Canada et à l’étranger. Pour l’exposition collective La reine me doit au moins 10 trillions de dollars, pour commencer!, Nico Williams présente trois oeuvres dont l’installation The Rug (2018), une collaboration avec l’artiste Kent Monkman.

Kent Monkman

Kent Monkman est un artiste canadien de descendance crie et irlandaise qui travaille avec une variété de disciplines dont la peinture, le film, la vidéo, l'installation et la performance, qu'il exécute sous les traits de Miss Chief Eagle Testickle. Il a exposé en solo dans de nombreux musées canadiens, notamment au Musée des beaux-arts de Montréal, au Musée d'art contemporain canadien de Toronto, à la Winnipeg Art Gallery et à la Art Gallery of Hamilton. (Source : Centre Bang)

Crédits

Coordination Télé-Québec Saguenay–Lac-Saint-Jean : Jocelyn Robert

Réalisation, caméra et montage : Sylvie Gravel

Assistance à la réalisation : Julie Pelletier

Crédits œuvres :

Ken Warren Gunn : Lettre à un ami (2018) ; Super Héros (2007) ; Le prince (2008) ; Celui qui a les yeux clairs (2005) ; Le premier président (2008)  

Collectif ITWÉ ( Caroline Monnet, Sébastien Aubin et Kevin Lee Burton ) : Syllabary I, II, III (2018) ; Generating ancient whispers (2018) ; Achimo (2018) ; Ota (Ici) (2017) ; 3x3/3 (2017)

Nico Williams : Nibinaabekwe / La sirène (2018) ; Wiigwaas-Gaag Nokomis / Les aïeueles qui fabriquent les paniers (2018) ; Mishipeshu / Lynx d'eau (2018) ; Two sprits (2015) ; The Rug (avec Kent Monkman) (2018)