La Fabrique Culturelle

Karen Tam

Nous sommes tous des brigands

D’origine chinoise, Karen Tam n'est pas dépourvue d'humour ni d'autodérision. Avec l’exposition Nous sommes tous des brigands présentée jusqu’au 27 mai au Musée régional de Rimouski, l’artiste montréalaise suggère avec ironie que l’art, l’économie et la culture prennent forme grâce à une certaine forme d’emprunt, voire de vol. Passionnée par l’histoire, particulièrement celle liant les Chinois à l’Occident, elle crée de fausses antiquités chinoises en utilisant des matériaux d'usage courant. Tam adore jouer avec les perceptions et l’idée du faux. Ses créations se mêlent subtilement à d’authentiques œuvres d’art. En attirant notre regard sur les clichés, elle nous amène à réfléchir sur nos préjugés et à remettre en question la conception que les Occidentaux se font de la Chine. La Fabrique culturelle a rencontré Karen Tam et son père pendant l’installation de cette exposition, qui foisonne d’ambiguïtés et d’anachronismes.

Depuis les années 2000, Karen Tam étudie l’esthétique des espaces habités par une culture chinoise occidentalisée, tel qu’il en existait au début du 20e siècle. L’artiste montréalaise est reconnue pour ses installations d’objets qu’elle fabrique et qui réactualisent certains clichés de la culture chinoise : salons de karaoké, restaurants, fumeries d’opium et boutiques de chinoiseries. Depuis 2016, elle s’intéresse à la tradition des œuvres missionnaires dans le contexte historique québécois, et plus particulièrement aux missions jésuites en Chine ainsi qu’à l’œuvre de la Sainte-Enfance, qui sollicitait les écoliers à « acheter de petits Chinois.

Source : Musée régional de Rimouski

Karen Tam a exposé et participé à des résidences au Canada, en Irlande, au Royaume-Uni, en Autriche, en Allemagne, aux États-Unis et en Chine, dans des endroits tels que The Drawing Center (New York), le Victoria & Albert Museum (Londres), Deutsche Börse Residency au Frankfurter Kunstverein (Frankfurt, Allemagne), le Musée d’art contemporain de Montréal et le Irish Museum of Modern Art. Elle a été finaliste pour le Prix Louis-Comtois en 2017, le Prix en art actuel du Musée national des beaux-arts de Québec en 2016, ainsi que pour le prix Sobey pour les Arts en 2010, puis de nouveau en 2016.

Tam vit et travaille à Montréal. Elle détient une maîtrise en arts visuels en sculpture du School of the Art Institute of Chicago et un doctorat en Cultural Studies de Goldsmiths (University of London). Ses œuvres font partie des collections du Irish Museum of Modern Art, de la collection Prêt d’œuvres d’art du Musée national des beaux-arts du Québec, de la Caisse de dépôt et placement du Québec, d’Hydro-Québec, de la Banque d’art du Conseil des arts du Canada, et du Groupe financier RBC, et sont collectionnées par des particuliers au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Elle est représentée par la Galerie Hugues Charbonneau.

Source : Karen Tam 

http://www.karentam.ca

Crédits

Coordination : Diane Dubé, Julie Belland

Réalisation : Guillaume Lévesque

Caméra et montage : Philippe Chaumette

Crédits-Œuvres : Karen Tam

Remerciements : Marcel Blouin, commissaire; Expression Centre d'exposition de Saint-Hyacinthe