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Lectures #LaFab: cinq titres inspirants pour l’automne

L’été refuse de s’en aller? On l’accepte et on lit, bien installé sous le parasol! Cinq titres pour accompagner les derniers jours de canicule .

26 septembre 2017

Bénédiction – Olivier Dufault

Marchand de feuilles

benediction

Grand plaisir de lecture avec cette petite brique qui nous plonge dans l’univers du cowboy, auteur et dessinateur Ernest Dufault, qui s’est lui-même rebaptisé Will James. Pendant quelque 500 pages, on revisite la vie de ce personnage plus grand que nature, véritable mythomane qui s’est refait plusieurs vies à force de récits improbables parsemés ici et là, au fil de ses pérégrinations. Au-delà de ce singulier bonhomme, ce qui nous happe dans le roman est cette capacité à nous faire revivre l’époque avec précision. Jonché de moult descriptions évocatrices et de fins détails, ce roman arrive à nous persuader qu’on y est, qu’on y vit. On entre dans la peau de James et on sent l’odeur des chevaux, du cuir, la poussière qui colle à la peau. Sans compter les (nombreuses) gueules de bois! Mettez la main sur ce roman, plaisir garanti, malgré quelques petites longueurs..

Autopsie d’une femme plate – Marie-Renée Lavoie

Éditions XYZ

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Un roman qui se lit tout seul. C’est à la fois léger et triste. Triste parce qu’on accompagne Diane, fin quarantaine, alors que son univers s’écroule en même temps que son couple. Léger parce que tout ça est raconté à la première personne avec beaucoup d’humour. Les histoires d’amour qui se terminent mal étant malheureusement trop fréquentes, on a tous une Diane autour de nous, si on n’en a pas été une soi-même. C’est probablement pourquoi on ne peut s’empêcher de ressentir une profonde compassion pour elle. À lire un soir d’automne avec un verre de « solution temporaire ».

Le corps des bêtes – Audrée Wilhelmy

Leméac

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Sauvage, charnel, déstabilisant. Voilà les premiers mots qui nous sont venus à l’esprit après avoir émergé de ce tout récent roman d’Audrée Whilelmy. L’auteure nous a habitués à son univers bien à elle où l’écriture est léchée, fouillée, complexe et envahissante: on n’en sort pas indemne, ses écrits nous happent comme des lianes ou comme ces plantes grimpantes qui arrivent à pousser sous le bois! Elle nous offre cette fois un livre inquiétant, voire légèrement pervers. On voudrait bien vous raconter l’histoire, mais c’est un roman à vivre, à ressentir, où les odeurs sont à la fois écoeurantes et enivrantes, où les sensations sont décuplées. Il porte bien son titre: Le corps des bêtes. Whilelmy nous ramène à notre état animal, cet état sauvage que l’on oublie trop souvent et qui, pourtant, guide nos instincts les plus primaires. Fascinante lecture que celle-là…

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On vous suggère fortement de vous procurez le plus récent magazine Lettres québécoises: Audrée Wilhelmy fait la une en sublime sauvageonne. Les textes, entrevues et photos valent absolument le détour.

Les rivières suivi de Les montagnes: deux histoires de fantômes – François Blais

L’Instant même

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Admettons-le, rien ne ressemble à un livre de François Blais comme un livre de François Blais, et c’est très bien comme ça, car on adore le lire. Ce duo de nouvelles au parfum de suspense et de surnaturel ne fait pas exception. L’action des Rivières se déroule essentiellement dans la foire alimentaire d’un centre commercial, alors qu’une petite fille, comme on l’apprend d’emblée, s’apprête à passer de vie à trépas. Au-delà du mystère entourant ce décès annoncé, le récit sert aussi de prétexte à brosser avec brio le portrait (voire la biographie) d’une brochette de personnages secondaires, témoins inconscients du drame qui se prépare. Dans Les Montagnes, on fait la connaissance d’un écrivain habituellement fort rationnel, dont les convictions sont mises à rude épreuve alors qu’il reçoit nuitamment la visite du fantôme d’une fillette au hasard d‘une résidence de création. Avec le sens de la chute qu’on lui connaît, l’auteur clôt ce diptyque d’admirable façon, ne révélant qu’à la toute fin le lien indéfectible qui unit les deux histoires.

Pourquoi les filles ont mal au ventre? – Lucile de Pesloüan

Éditions de l’Isatis

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D’abord paru sous forme de fanzine papier avec un nombre limité d’exemplaires, ce recueil prend cette fois vie sous la forme d’un vrai livre. Et, ajout de taille, les illustrations de Genevière Darling qui tient le projet Lovestrucks Prints.

Connue aussi sous le nom Shushanna Bikini London, Lucille de Peslouan nous propose une réflexion féministe sur le sexisme ordinaire dans ce livre qui « dénonce les malaises que ressentent les femmes, de l’enfance à l’âge adulte, dans une société qui ne les ménage pas.» Un recueil qui secoue, qui fait prendre conscience des privilèges des uns et leur absence chez les autres. Bref, une lecture qui ouvre les yeux.

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