La Fabrique Culturelle

Québec musical avec Jean-Etienne Collin Marcoux

Programmateur du Festival OFF

L’effervescence est à son comble dans la ville de Québec, et les organisateurs de festivals tout comme les festivaliers sont prêts à renouer avec ceux qui les ont accompagnés musicalement à distance durant les deux dernières années.  

La Fabrique culturelle a rencontré Jean-Etienne Collin Marcoux, directeur de la programmation du Festival OFF et cofondateur du Pantoum, afin de l’entendre sur l’évolution du paysage musical de Québec. 

Jean-Etienne le mentionne d’emblée: un son particulier qualifiait Québec aux débuts des années 2000. Le milieu rock vivait son âge d’or dans les salles parallèles de la ville.

«C’était un son très punk, très raw [cru], avec un peu moins de finesse, parce qu’il n’y avait pas beaucoup de moyens à Québec. Les bons musiciens déménageaient rapidement à Montréal pour développer leur carrière parce qu’il n’y avait pas de structures pour leur permettre d’aller plus loin qu’une certaine étape dans leur développement», explique-t-il. 

Le groupe Les Goules, avec sa pièce Crabe, en est le parfait exemple.  


LES GOULES

Rapidement, un autre genre musical se démarquait au début des années 2000: le hip-hop. D’un côté, on trouvait la scène punk-rock; de l’autre, la scène hip-hop. Ces mondes ne se côtoyaient pas nécessairement, mais ils réussissaient à coexister.

C’est durant ces années que Koriass, Souldia et Alaclair ensemble se sont démarqués. Aujourd’hui, le hip-hop fait sans contredit partie de la mouvance grand public, et des artistes tel Hubert Lenoir intègrent ses codes dans leur musique. Comme le souligne Jean-Etienne, «tout le monde maintenant écoute du rap; les “rock stars” d’hier sont les rappeurs aujourd’hui  
 
Le directeur de la programmation nous rappelle une anecdote en lien avec le collectif hip-hop 83, originaire de la Rive-Sud, dans la région de Québec, qui avait interrompu le Gala de l’ADISQ en 2002 afin de sensibiliser les gens à la relève musicale, lui qui avait vendu une dizaine de milliers d’albums de manière indépendante.


KORIASS

Quasi inexistante dans les années 2000, la scène pop s’est tranquillement développée à Québec. Il n’y a qu’à penser au travail de Keith Kouna, avec ses influences punk, ou encore à la pop accrocheuse de Karim Ouellet, qui avait à cœur d’engager des musiciens de Québec; des artistes qui ont fait le choix de continuer de vivre et de produire à Québec.  


KARIM OUELLET 

Si la ville de Québec peinait à retenir les musiciens talentueux au profit de la grand-ville, aujourd’hui, la situation en tout autre: une véritable prise de conscience s’est effectuée d’un point de vue culturel. Des initiatives pour soutenir concrètement la relève comme l’Ampli de Québec , le Pantoum et le programme Première Ovation, pour ne nommer que celles-là, ont porté leurs fruits.

Aujourd’hui, on peut dire que l’identité sonore de la ville de Québec ne s’inscrit plus dans un courant musical, mais plutôt dans un mouvement de pensée où la collaboration et la création éthique sont mises de l’avant; une véritable «coop-pétition», comme s’amuse à dire le milieu, qui donne sa pleine couleur musicale à la ville. 

FESTIVAL OFF 

L’imprévisible mais toujours intense Festival OFF de Québec est un événement musical indépendant qui, depuis 15 ans, offre une programmation alternative à celle de son grand frère, le Festival d’été de Québec. Axé sur la découverte, les collaborations improbables, les expériences plus risquées et les dernières curiosités artistiques, le Festival OFF s’avère un incontournable du paysage musical de la ville de Québec. 

Pour voir la programmation et planifier vos sorties, c’est par ICI
 

CRÉDITS
Rédaction: Elizabeth Lord
Coordination: Marie-Claude Leclerc