La Fabrique Culturelle

Les coups de cœur de Samuel Archibald

25 ans du CALQ

Afin de souligner les 25 ans du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), La Fabrique culturelle a demandé à des artistes québécois de nous dévoiler quelques œuvres qui les ont marqués au cours du dernier quart de siècle.

Nous terminons cette série d’articles avec les coups de cœur de l’auteur et scénariste Samuel Archibald.

La série d’albums Portrait, d’Angèle Dubeau et La Pietà (de 2008 à 2017)

Musique

Source: analekta.com

«J’ai écouté furieusement les albums de cette série qu’ont consacrés Angèle Dubeau et ses musiciennes à différents compositeurs d’allégeance minimaliste, classique instantané de la musique contemporaine mondiale. Entre les stars Philip Glass et Ludovico Einaudi et les plus discrets John Adams et Max Richter, c’est sans doute l’album consacré à Arvo Pärt qui m’a le plus durablement marqué, ne serait-ce que par son interprétation pratiquement définitive de  Spiegel im Spiegel 

En 2018, Angèle Dubeau était nommée compagne de l’Ordre des arts et des lettres du Québec.

Astronomie, d’Avec pas d’casque (2012)

Musique

Source: avecpascasque.bandcamp.com

«J’ai aimé le folk bringuebalant d’Avec pas d’casque depuis les débuts, mais c’est Astronomie qui m’a tatoué le band sur le cœur. À la fois son album le plus ambitieux musicalement et la suite organique de ses deux premiers albums, Astronomie a été la trame sonore du printemps étudiant de 2012, à peu près de la même façon que Yankee Hotel Foxtrot, de Wilco, l’a été pour les lendemains du 11 Septembre aux États-Unis. Partout ici, la poésie de Stéphane Lafleur, sincère et faussement maladroite, fait dans la haute voltige, mais La journée qui s’en vient est flambant neuve demeure pour moi le plus beau texte d’une chanson québécoise depuis, mettons,  … et j’ai couché dans mon char, de [Richard] Desjardins.»

La chanson n’est pas du même album, mais on vous propose également de découvrir cette session #LaFab avec le groupe:

L’année de ma disparition, de Carole David (2015)

Littérature

Source: leslibraires.ca

«Carole David est ma poète préférée, et ce recueil — que je n’ai pas arrêté de relire depuis sa sortie — est à la fois une œuvre-somme et une preuve brûlante de l’indémodable actualité de son écriture. C’est un livre traversé par une américanité toujours présente chez elle, par l’idée d’un mouvement à la fois ample et conscrit, et par une sorte de narrativité constamment ajournée. C’est un livre aussi habité par une grande violence. Les images de Carole David sont ici plus que jamais d’acier trempées, ses phrases hantées par l’absence et la mort, mais comme toujours, la poète n’a peur de rien, et son courage façonne le recueil en un chant lumineux et sororitaire.»

Carole David a récemment obtenu une bourse du CALQ pour réaliser une résidence de création à Rome. Le Studio du Québec à Rome fait partie du vaste réseau d’ateliers-résidences mis sur pied par le Conseil, où de nombreux artistes et écrivains séjournent chaque année pour se ressourcer et créer.

J’aime Hydro, de Christine Beaulieu (2016)

Théâtre

Crédit: Alexi Hobbs

«Le théâtre documentaire a pris une place importante dans la production québécoise depuis quelques années, et il a livré ici son expression la plus puissante à ce jour. Appuyée à la dramaturgie par Annabelle Soutar (elle-même derrière le très marquant Fredy, en 2016), Christine Beaulieu a créé un spectacle tour de force dont on n’a pas fini d’épuiser la portée. Engagée et éclairante, cérébrale mais profondément humaine, exigeante mais en même temps extraordinairement généreuse, J’aime Hydro est la pièce phénomène de la décennie 2010.»

En 2017, Christine Beaulieu remportait le prix Michel-Tremblay, une récompense de 10 000 $ remise en collaboration avec le Centre des auteurs dramatiques, pour souligner l’excellence de son texte J’aime Hydro.

Christine Beaulieu discute d’art engagé aux côtés d’Alexandre Jardin, de Natasha Kanapé Fontaine et de Biz dans ce balado intitulé L’audace de l’engagement:

https://www.lafabriqueculturelle.tv/balados/14/l-audace-de-l-engagement

Kuessipan, de Myriam Verreault (2019)

Cinéma

«Ça fait juste trop longtemps qu’on attendait ce film. Trop longtemps qu’on attendait le retour de Myriam Verreault derrière la caméra depuis À l’ouest de Pluton, en 2008; trop longtemps qu’on attendait d’entendre s’incarner une parole comme celle de Naomi Fontaine (qui coscénarise ici l’adaptation libre de son livre); trop longtemps qu’on attendait de voir exploser à l’écran des visages innus comme ceux des bouleversantes Sharon Fontaine-Ishpatao et Yamie Grégoire, et d’écouter la musique de leur rire; trop longtemps, aussi, qu’on avait montré — avec la puissance du directeur Nicolas Canniccioni — ce Québec du bout du monde, ce Québec du Nord, qui est celui des Innus, des Cris, des Attikameks et des Anishinaabeg, mais aussi celui des Blancs de régions éloignées, ouvriers de la forêt, des usines ou des mines. L’attente en valait la peine, cela dit. Kuessipan est, au-delà de son importance historique, un film fort, humain et profondément touchant sur la rencontre des cultures, la découverte de soi et la liberté.»


À propos des 25 ans du CALQ

Depuis 25 ans, le Conseil des arts et des lettres du Québec investit dans l’imaginaire et célèbre les succès de celles et ceux qui créent des œuvres artistiques et littéraires marquantes, qui forgent notre identité culturelle et qui la font rayonner ici et à l’étranger! Pour en savoir plus: https://www.calq.gouv.qc.ca/a-propos/25-ans/celebrations/