La Fabrique Culturelle

Les coups de cœur de Jean-Paul Daoust

25 ans du CALQ

Afin de souligner les 25 ans du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), La Fabrique culturelle a demandé à des artistes québécois de nous faire part de quelques œuvres qui les ont marqués au cours du dernier quart de siècle.

Nous poursuivons cette série de cinq articles avec le poète Jean-Paul Daoust. Il nous propose ici cinq œuvres qui lui en ont mis plein la vue.

Soifs, de Marie-Claire Blais (de 1995 à 2018)

Littérature

Soifs est d’abord un roman, écrit par Marie-Claire Blais et paru en 1995. L’autrice a ensuite publié neuf autres tomes, formant un projet romanesque de grande envergure. Chaque roman de la série est composé d’un seul paragraphe en continu.

Selon Jean-Paul Daoust, Marie-Claire Blais a amené, avec Soifs, un style d’écriture bien particulier, qui donne un nouveau souffle au roman. Avec ses longues phrases et les personnages qui s’entremêlent, ce roman n’en est pas un où il est facile de plonger, mais, selon Jean-Paul Daoust, on ne le regrette pas une fois qu’on l’a fait. Le poète salue notamment l’originalité de l’œuvre et l’audace de l’autrice, qui a su faire entièrement confiance aux lecteurs.

En 1997, Marie-Claire Blais a reçu une bourse du Conseil des arts et des lettres pour la rédaction de son roman Dans la foudre et la lumière, deuxième volet de Soifs.

Laurence Anyways, de Xavier Dolan (2012)

Cinéma

Laurence Anyways est le troisième long métrage de fiction de Xavier Dolan. Se déroulant dans les années 1990, le film raconte l’histoire d’un homme (Melvil Poupaud) qui annonce à son épouse (Suzanne Clément) qu’il souhaite changer de sexe.

Xavier Dolan est considéré par plusieurs — dont Jean-Paul Daoust — comme l’enfant prodige du cinéma québécois. Le poète admire la fougue de Dolan, son talent de mise en images et ses dialogues savoureux. Avec Laurence Anyways, il considère que le réalisateur aborde la réalité des personnes transgenres avec délicatesse et respect, faisant de ce film une œuvre tout à fait marquante du cinéma québécois.

En 2015, Xavier Dolan était de la première cohorte des Compagnons de l’Ordre des arts et des lettres du Québec — et le plus jeune.

Les œuvres de Cynthia Girard-Renard

Arts visuels

Cynthia Girard-Renard est peintre, mais aussi poète et romancière. Elle a travaillé à Londres et à Berlin. Ses œuvres sont présentées dans les musées d’ici et d’ailleurs.

Jean-Paul Daoust se dit très touché par le travail de Cynthia Girard-Renard. Il considère qu’elle est une artiste fascinante à suivre. Le poète admire ses toiles, qui, derrière des couleurs pastel complètement étonnantes et des figures animales, dévoilent des inégalités politiques et sociales.

Que ce soit par des bourses de recherche et création, de perfectionnement ou de déplacement, le Conseil des arts et des lettres soutient Cynthia Girard-Renard depuis 1998.

Les Éditions de l’Écrou (depuis 2009)

Littérature

Les Éditions de l’Écrou ont été fondées en 2009 par Carl Bessette et Jean-Sébastien Larouche. Axée sur la publication d’ouvrages de poésie percutants, la maison d’édition publie entre autres les recueils de Marjolaine Beauchamp, de Maude Veilleux et de Jean-Christophe Réhel.

Jean-Paul Daoust trouve le travail des Éditions de l’Écrou important, car elles mettent en valeur de jeunes poètes québécois aux voix audacieuses et irrévérencieuses. Selon lui, les textes qui y sont publiés secouent la poésie telle qu’on la connaît. Il recommande notamment Fourrer le feu, de Marjolaine Beauchamp, Toutou tango, de Baron Marc-André Lévesque, La douleur du verre d’eau, de Jean-Christophe Réhel, et Des longueurs dans le Styx, de Jean-Sébastien Larouche.

Le Conseil des arts et des lettres du Québec a soutenu certains des auteurs qui ont publié aux Éditions de l’Écrou.

Un thé dans la toundra / Nipishapui nete mushuat, de Joséphine Bacon (2013)

Poésie


Un thé dans la toundra / Nipishapui nete mushuat est un recueil de poésie de Joséphine Bacon, en français et en innu, qui nous invite à découvrir le territoire ainsi que la voix des aînés.

Jean-Paul Daoust se réjouit de la place qu’ont pris les œuvres autochtones dans la littérature québécoise au cours des dernières années, et il voit Joséphine Bacon comme une véritable pionnière à cet égard. Avec Un thé dans la toundra / Nipishapui nete mushuat, l’auteure crée un dialogue entre la culture québécoise et la culture innue par la juxtaposition des deux langues — et inscrit, du même coup, la mythologie autochtone dans une continuité qui n’est pas seulement orale, mais de plus en plus écrite.

Le Conseil des arts et des lettres du Québec a soutenu Joséphine Bacon pour lui permettre de rencontrer ses nombreux lecteurs dans la francophonie internationale. Elle a également été nommée Compagne de l’Ordre des arts et des lettres en 2018.


À propos de Jean-Paul Daoust

Un bel hommage à Jean-Paul Daoust rendu par son ami Gérald Gaudet.


À propos des 25 ans du CALQ
Depuis 25 ans, le Conseil des arts et des lettres du Québec investit dans l’imaginaire et célèbre les succès de celles et ceux qui créent des œuvres artistiques et littéraires marquantes, forgent notre identité culturelle et la font rayonner ici et à l’étranger! Pour en savoir plus: https://www.calq.gouv.qc.ca/a-propos/25-ans/celebrations/