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La mi-Carême à Natashquan

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6 avril 2017

La mi-Carême, grand carnaval qui permet de rompre avec les rigueurs de l’hiver, est encore bien vivante à Saint-Antoine-de-l'Isle-aux-Grues, à Fatima, aux Îles-de-la-Madeleine et à Natashquan!

La fête de la Mi-Carême s’apparente à celle des Mardi gras en Louisiane. Les mordus préparent leurs costumes des mois à l’avance et quelques semaines avant les célébrations, tout le monde devient suspicieux : on surveille les allées et venues, on examine les achats de matériel de bricolage, on récolte les indices pour réussir à démasquer les « mi-carêmes », car l’objectif ultime est de ne pas être reconnu ! À Natashquan, les festivités durent une semaine ! Les mi-carêmes costumés égrainent le chapelet de maisons du village où les hôtes les accueillent et régalent.   

« En 1855, les immigrés acadiens des Îles-de-la-Madeleine débarquent à Natashquan avec cette coutume de courir la mi-carême, déguisés, masqués. Présente partout au Québec au siècle dernier, elle s’est éteinte peu à peu dans les années 1920. Comme par magie, elle s’est enracinée dans certains milieux à caractère insulaire : Île-aux-Grues, Îles-de-la-Madeleine et Natashquan; et, en Nouvelle-Écosse, elle est vivante dans la région de Chéticamp. Bruut! bruut! bruut! Cette formule magique ouvre les portes à Natashquan aussi sûrement que le «Sésame, ouvre-toi » d’Ali Baba! Lors de la troisième semaine du carême, des personnages masqués, déguisés, se promènent dans le village et frappent aux portes. Ils entrent dans les maisons, parfois muets et immobiles, parfois gesticulant comme au théâtre. Quant aux hôtes, ils essaient de découvrir qui se cache sous le masque. C’est cela, le véritable enjeu! Qu’on soit reconnu ou non, cela mérite bien un petit verre. Et là, c’est aussi la fête de la parole qui éclate. Pour perdurer, l’accueil est l’élément essentiel à la survivance de cette coutume. [...] Lever son verre, lever son masque, après être passé incognito dans un milieu où tout le monde est parent, ami, voisin, c’est tout un défi qu’on ne relève qu’à la mi-carême. Ce doit être cela, la résistance des marges…»

Source : « Fonction sociale de la mi-carême à Natashquan », par Bérangère Landry. http://id.erudit.org/iderudit/038440ar

Crédits

Coordination : Virginie Lamontagne

Réalisation : Guillaume Thibault et Virginie Lamontagne

Caméra et montage : Guillaume Thibault

Remerciements : Merci au comité organisateur, à Stéphanie Landry et Vincent Lemelin et merci à Marie-Claude Vigneault, Lise Cormier et Bérangère Landry, pour les échanges inspirants sur la mi-Carême !  Grand merci à Rosaire et Marie-Anna pour le partage de vos histoires et de votre passion pour la mi-Carême. Merci à tous les mi-carêmes, tout spécialement  au quatuor qui nous a permis de les suivre et dont je ne dévoilerai JAMAIS l’identité.  Merci à Magella Landry et Nathalie Lapierre de l’auberge le Port d’attache. 

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