La Fabrique Culturelle

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Arts visuels & numériques

Guy Blackburn | Au-delà de la peinture

La Fabrique culturelle La Fabrique culturelle Saguenay–Lac-Saint-Jean

26 janvier 2016

L’artiste Guy Blackburn crée depuis 40 ans. Entre la peinture et l’installation, il aborde son travail avec l’humilité du chercheur et l’assurance de celui qui trouve. Entre sa Discussion avec Picasso et la création à répétition de taches de café, un projet baptisé TOC, on découvre sa vision de l’art.

 
TOC
de Guy Blackburn | Le paradoxe de l’inutile

L’échantillonnage de dizaines de milliers de taches de café, méthodiquement numérotées, fut exécuté continûment sur plus de vingt-cinq ans par l’artiste Guy Blackburn. La réalisation de cet impressionnant corpus d’oeuvres, que constituent les deux cent-quarante-trois tableaux, s’apparente aux questionnements et aux tâtonnements d’une recherche scientifique, se rapproche de ses normes, ses règles et de son obsessionnel besoin de trouver. Dans l’élaboration des toiles, le soucis du détail et de la précision contraste ici avec la nature aléatoire des éclaboussures, ne représentant rien de précis par elles-mêmes mais rédigeant un code fondé sur le hasard. Certains y verront la conséquence d’un acte gratuit, maintes fois répété, ou une allégorie de la dégradation; d’autres l’illustration paradoxale d’un désordre organisé. Mais déplaçons notre regard dans l’articulation de la marge, sur la droite de chaque tableau, afin d’étoffer notre lecture. L’évocation de cibles, d’armes à feu, par la ponctuation de traits minimalistes très allusifs, contamine le rythme et la symbolique de ce travail en faisant basculer l’espace de la recherche scientifique dans celui d’un champ de tir; les taches deviennent alors la méthaphore de trous de balles, de marques de projectiles. Composant ainsi un nouveau code, motivé non plus par l’accident mais par l’obsessionnel besoin d’atteindre une cible, l’artiste fait surgir une poésie inattendue qui naît dans la mise en parallèle de deux réalités que tout sépare à première vue.
 

Biographie

Guy Blackburn est né à Chicoutimi en 1956, y vit et y travaille. Sa pratique, initiée au début des années 80, l’a amené à participer à de nombreuses expositions et manifestations d’art actuel, au Québec, au Canada et à l’étranger (France, Allemagne, Pologne, Chili, Cuba). Depuis 1990, l’artiste pluridisciplinaire a proposé un ensemble d’oeuvres qui a su intéresser un large public, entretenir une médiatisation soutenue et bénéficier d’une analyse importante. Pensons seulement aux projets « La Cécité », «Hommage à Anna », « Espace interdit », « Quémander l’affection » et à la série de quatre installations au Musée de la guerre froide de Carps en Ontario. Plus récemment, il a présenté au public « Sans Silence » et « Extrait d’ambiguïté » au Musée de Rimouski, à la Galerie Séquence de Chicoutimi ainsi qu’à la Biennale nationale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières. L’une de ses dernières aventures d’art, « Touche », est une oeuvre majeure produite et diffusée avec la complicité du Centre national de recherche et diffusion en arts contemporains numériques SAGAMIE d’Alma. Sa recherche se concentre actuellement sur un corpus nommé «Réparer mes colères ». Bien que l’on puisse parler chez cet artiste de pratique ouverte, l’installation et la peinture demeurent au coeur de son travail. Ses réalisations explorent de façon percutante, voire troublante, les nouvelles conditions individuelles et sociales issues des récentes pratiques scientifiques. Une approche singulière pour une pratique sans compromis.

(Source : Guy Blackburn)
 

Crédits

Coordination : Télé-Québec Saguenay–Lac-St-Jean : Jocelyn Robert, Julie Pelletier

Réalisation, caméra et montage : Sylvie Gravel

 

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